Gérer son club

Louer ou prêter ses installations : conventions, responsabilités, recettes

Par l’équipe KlubOn · 21 septembre 2026 · 7 min de lecture

Photo : Unsplash

Un comité d’entreprise veut organiser son tournoi annuel sur votre synthétique. Une école demande le club-house pour une kermesse. Une association de foot loisir aimerait le petit terrain le mercredi soir. À chaque fois, la même scène : le président dit oui par réflexe de service public, personne ne signe rien, et un jour quelqu’un se blesse ou casse un filet. Prêter ou louer ses installations est une vraie ressource pour un club — à condition de savoir ce qu’on a le droit de faire.

D’abord : à qui appartient le stade ?

C’est la question qui décide de tout le reste, et neuf clubs amateurs sur dix ne sont pas propriétaires. Le stade, les vestiaires et souvent le club-house appartiennent à la commune (ou à l’intercommunalité), qui les met à disposition du club par une convention. Trois conséquences immédiates :

  • Vous ne pouvez pas sous-louer ce qui ne vous appartient pas. Relisez votre convention de mise à disposition : elle contient presque toujours une clause d’usage exclusif (« réservée aux activités du club ») et une interdiction de cession à un tiers.
  • Il faut donc l’accord écrit de la mairie pour toute occupation par un tiers, même gratuite, même deux heures un samedi.
  • Le club n’encaisse pas forcément. Selon les communes, la redevance revient à la mairie, au club, ou se partage. Cela se négocie — mais cela se négocie avant, pas après le premier chèque.

Si votre club est propriétaire de ses installations (cas fréquent pour un club-house construit par les bénévoles), vous avez la main. Vous avez aussi toutes les obligations d’un exploitant : sécurité, accessibilité, assurance. C’est confortable et c’est engageant.

Les trois cas qu’il ne faut pas confondre

  1. Le prêt entre clubs FFF. Un club voisin dont le terrain est impraticable vous demande d’accueillir son match. C’est le cas le plus simple : même fédération, même assurance fédérale, et le district est informé via la procédure de match remis ou déplacé. Un mail de confirmation et le nom d’un référent sur place suffisent.
  2. La mise à disposition à une autre association. Club de rugby, amicale, école, association de quartier : là, il faut une convention écrite, car l’assurance fédérale du football ne couvre pas leur activité.
  3. La location à une entreprise ou à un particulier. Séminaire, tournoi d’entreprise, anniversaire au club-house : c’est une activité commerciale. Elle a des conséquences fiscales et exige une facturation en bonne et due forme.

La convention d’occupation : huit lignes qui protègent

Une convention de mise à disposition n’a pas besoin d’être un contrat de dix pages. Elle doit être écrite, signée par les deux présidents, et contenir ceci :

  • Qui occupe (l’association ou l’entreprise, pas « Monsieur Untel ») et le nom du responsable présent sur place, avec son portable.
  • Quoi exactement : le grand terrain ou le petit ? Les vestiaires ? La buvette ? L’éclairage ? Ce qui n’est pas listé n’est pas mis à disposition.
  • Quand : dates et créneaux horaires précis, et ce qui se passe en cas d’annulation pour intempéries.
  • Combien et à qui : le montant, l’échéance, la caution éventuelle, et le fait que le club émet une facture ou un reçu.
  • L’attestation d’assurance responsabilité civile de l’occupant, annexée à la convention. Sans elle, pas de clés. C’est la ligne la plus importante du document.
  • L’état des lieux : deux photos avant, deux photos après, envoyées par message. C’est rudimentaire et c’est imparable.
  • Les interdits : crampons vissés sur le synthétique, véhicules sur la pelouse, barbecue, sonorisation après 22 h, alcool (voir votre réglementation buvette).
  • La remise et la restitution des clés, nommément, avec l’heure.

Assurance : le seul point sur lequel ne jamais céder

L’assurance fédérale souscrite par le club couvre les activités du club et ses licenciés. Elle ne couvre pas un tournoi d’entreprise, une kermesse d’école ou une association tierce. Si un participant se blesse pendant une occupation non couverte, la responsabilité du club — et personnellement celle de ses dirigeants — peut être engagée.

La règle est donc simple et non négociable : attestation de RC de l’occupant, datée et valide, avant la remise des clés. Prévenez aussi votre propre assureur dès que l’occupation devient régulière : une activité récurrente d’un tiers change la nature du risque. Nous détaillons ce que couvre (et ne couvre pas) le contrat fédéral dans notre article sur les assurances du club.

Fiscalité : jusqu’où peut-on aller sans problème

Une association sportive reste non lucrative tant que son activité économique demeure accessoire et que sa gestion est désintéressée. Louer son club-house trois week-ends par an ne change rien à ce régime. En faire une salle des fêtes louée tous les samedis change tout : on entre alors dans le champ des impôts commerciaux.

  • Émettez une facture ou un reçu numéroté pour chaque occupation payante. Pas d’espèces sans trace.
  • Tenez une ligne de recette dédiée dans le budget (« mise à disposition d’installations »), distincte des cotisations et du sponsoring. Elle sera scrutée en assemblée générale et elle intéresse la mairie.
  • Au-delà de quelques milliers d’euros par an, parlez-en à votre expert-comptable ou au service associations de votre mairie avant de développer l’activité.

Dans KlubOn, cette recette se suit comme les autres : le module Trésorerie permet d’ouvrir une ligne de budget dédiée, de rattacher les encaissements et de sortir le détail au moment du rapport financier — sans retrouver trois chèques dans une boîte à chaussures en juin.

Ce que ça rapporte vraiment

Ne vendez pas de rêve à votre bureau : un club amateur ne finance pas sa saison en louant son terrain. Les ordres de grandeur observés tournent autour de 150 à 400 € pour une journée de tournoi d’entreprise sur un terrain avec vestiaires, et de 100 à 300 € pour une soirée au club-house avec cuisine. Cinq occupations par an, c’est un jeu de maillots ou une partie du stage de Toussaint — utile, pas décisif.

Le vrai bénéfice est ailleurs : l’entreprise qui fait son tournoi chez vous devient souvent votre sponsor l’année suivante, et l’école qui utilise vos installations vous ouvre la porte d’un partenariat scolaire. Plusieurs clubs ont bâti leur budget sponsoring à partir de là. Si vous cherchez d’autres pistes, notre article sur les idées qui rapportent de l’argent à un club complète celle-ci — et faire vivre le club-house toute l’année commence, précisément, par accepter que d’autres s’en servent.

Passez de la lecture à la pratique.

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