Gérer son club

Buvette de club : réglementation, autorisation, rentabilité

Par l’équipe KlubOn · 17 août 2026 · 8 min de lecture

Photo : Unsplash

La buvette est souvent le premier poste de recettes d’un club amateur, et le seul que personne n’a jamais vraiment mis au carré. On sort la caisse, on achète au supermarché la veille, on encaisse, et on découvre en juin que la marge n’était pas celle qu’on croyait — quand ce n’est pas un contrôle qui rappelle que vendre de la bière dans une enceinte sportive n’a rien d’automatique. Voici les trois volets à tenir : l’autorisation, la fiscalité, la rentabilité.

Vendre de l’alcool au stade : c’est interdit, sauf dérogation

Le principe posé par l’article L3335-4 du Code de la santé publique est simple : la vente et la distribution de boissons alcoolisées sont interdites dans les stades, gymnases et établissements d’activités physiques et sportives. Ce que vous voyez tous les dimanches n’est donc pas la règle, c’est l’exception : une autorisation temporaire dérogatoire délivrée par le maire.

  • Dix autorisations par an pour une association sportive agréée — contre cinq pour une association ordinaire.
  • 48 heures maximum par autorisation : elle couvre une manifestation, pas une saison.
  • Un club omnisports compte pour un : les dix autorisations appartiennent à l’association mère, qui les répartit entre ses sections. La section football n’a pas ses dix à elle seule.

Concrètement : dix dérogations pour une saison à vingt réceptions, ça ne couvre pas tout. Il faut choisir. Gardez-les pour les matchs de l’équipe fanion, le tournoi et la soirée du club — et assumez la buvette « groupe 1 » (café, sodas, eau) le reste du temps.

Quelles boissons, et comment demander l’autorisation

Une buvette temporaire ne peut servir que les boissons des groupes 1 et 3 : groupe 1, les boissons sans alcool (eau, jus, sodas, café, thé) ; groupe 3, les boissons fermentées non distillées — vin, bière, cidre, poiré, hydromel — jusqu’à 18°. Les alcools forts sont hors sujet : pas de whisky, pas de vodka, pas de « punch maison », jamais.

La demande se fait par écrit au maire de la commune, en général au moins quinze jours avant la manifestation (certaines mairies exigent un mois : appelez le service des associations une fois, notez la règle, et calez-la dans votre calendrier). Elle mentionne le nom du responsable, la date et les horaires, le lieu exact et la catégorie de boissons demandée. Vous recevez un arrêté ou un récépissé : imprimez-le et affichez-le à la buvette, c’est ce qu’on vous demandera en cas de contrôle.

Le volet fiscal : la règle des six manifestations

Une association peut organiser six manifestations de bienfaisance ou de soutien par an dont les recettes sont exonérées de TVA et d’impôts commerciaux (article 261-7-1° c du Code général des impôts). C’est la base légale sur laquelle repose la buvette de la plupart des clubs, avec le loto et le tournoi.

Le piège est de le lire à l’envers : ces six manifestations sont un plafond, pas un droit à tout encaisser sans traces. Une buvette ouverte tous les week-ends de septembre à juin n’est plus une « manifestation de soutien », c’est une activité commerciale permanente — avec les conséquences fiscales qui vont avec. Si votre buvette tourne toute la saison, parlez-en à votre expert-comptable ou au référent fiscalité de votre district avant, pas après.

Ce qui fait qu’une buvette rapporte (ou pas)

  1. Des prix ronds. 1 €, 1,50 €, 2 €. Le club qui affiche 1,80 € passe sa matinée à rendre 20 centimes et perd deux minutes par client. Prévoyez un fonds de caisse compté à l’avance, en petite monnaie.
  2. Le bon produit à la bonne heure. Le samedi 9 h, ce sont le café, le chocolat chaud et les viennoiseries qui font la recette — pas la bière. Le dimanche après-midi, c’est l’inverse. Deux offres différentes, deux approvisionnements.
  3. Une marge calculée avant, pas après. Prenez le prix d’achat réel (pack en promo compris), multipliez par deux à trois selon le produit, arrondissez. Un café à 1 € qui coûte 15 centimes reste le meilleur produit d’une buvette de club.
  4. Des gobelets réutilisables consignés 1 €. Moins de déchets, moins de casse, et les gobelets non rendus financent le stock suivant.
  5. Deux bénévoles, pas un. Un qui sert, un qui encaisse. C’est la seule organisation qui tient quand vingt personnes arrivent à la mi-temps — et c’est aussi ce qui protège la caisse.
  6. Un comptage à deux, à la fermeture. Fonds de caisse retiré, recette notée, montant versé sur le compte du club dans la semaine. Une buvette sans traçabilité est le premier point qui fâche en assemblée générale.

Les interdits qui coûtent cher

  • Aucune vente d’alcool aux mineurs, et pas de vente à une personne manifestement ivre. Un bénévole qui doute demande une pièce d’identité : c’est son droit, et c’est la responsabilité du club qui est engagée.
  • L’affichage obligatoire : protection des mineurs et répression de l’ivresse publique, plus la liste des boissons non alcoolisées mises en vente. Deux feuilles plastifiées, une fois pour toutes.
  • L’hygiène alimentaire : chaîne du froid pour le sandwich et la part de quiche, lavage des mains, produits emballés quand c’est possible. C’est le poste le plus souvent négligé — et le plus risqué pour l’image du club.
  • Le verre. Gobelets plastique ou réutilisables, jamais de bouteilles en verre distribuées aux abords du terrain.

Suivre la buvette dans les comptes du club

Une buvette bien tenue, c’est une ligne de recettes et une ligne d’achats, week-end par week-end. Sans ça, impossible de dire au bureau si elle rapporte 400 € ou 4 000 € sur la saison — et impossible de défendre un budget matériel l’année suivante. C’est exactement ce que fait le module trésorerie de KlubOn : chaque encaissement de buvette se pointe en deux gestes et se retrouve dans le résultat de l’exercice, sans tableur parallèle.

Pour aller plus loin, deux lectures utiles : les dix opérations qui rapportent vraiment de l’argent à un club et les erreurs classiques du trésorier, dont la caisse en espèces non suivie occupe une place de choix.

Passez de la lecture à la pratique.

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