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Le PEF (programme éducatif fédéral) : l’appliquer sans usine à gaz

Par l’équipe KlubOn · 19 septembre 2026 · 8 min de lecture

Photo : Unsplash

Le programme éducatif fédéral revient chaque saison dans les réunions de district, et chaque saison le même malentendu s’installe : les clubs croient qu’on leur demande un dossier de plus. Ce n’est pas ça. Le PEF est une boîte à outils, pas une obligation déclarative — et un club qui s’y prend bien le fait tenir en quelques actions par an, largement dans ce qu’il fait déjà. Voici comment l’appliquer sans usine à gaz.

Ce qu’est le PEF, en trois lignes

Lancé en 2014 par la FFF, le programme éducatif fédéral est un outil pédagogique mis à disposition des ligues, des districts, des clubs, des dirigeants et des éducateurs pour former les jeunes licenciés de U6 à U19 — soit, en pratique, toute votre école de foot et tous vos jeunes. Il se compose de deux familles de documents : des fiches éducatives, qui portent le contenu, et des fiches actions terrain, qui proposent comment le faire vivre.

Rien là-dedans n’est un formulaire. Le PEF est une matière première : c’est le club qui décide de la dose.

Les six thématiques (et ce qu’elles veulent dire au club)

  • La santé — hydratation, sommeil, goûter d’après-match, échauffement. Le plus facile à faire vivre : c’est déjà le discours de vos éducateurs.
  • L’engagement citoyen — respect, entraide, vie associative, rôle du bénévole. C’est aussi là que se recrutent vos futurs dirigeants.
  • L’environnement — déchets au bord du terrain, gourdes plutôt que bouteilles, covoiturage, tri à la buvette.
  • Le fair-play — le salut, l’acceptation de la décision, le comportement des accompagnateurs.
  • Les règles du jeu et l’arbitrage — comprendre pour râler moins ; c’est aussi votre meilleur vivier d’arbitres.
  • La culture foot — l’histoire du jeu, celle du club, les grandes compétitions.

L’erreur classique : vouloir tout faire, dès septembre

Le club qui annonce en assemblée générale « cette année, on déploie le PEF sur les six thématiques et toutes les catégories » ne tiendra pas jusqu’à Noël. Les éducateurs sont bénévoles, ils ont déjà deux séances et un match par semaine, et une action éducative mal préparée est pire que pas d’action du tout : elle installe l’idée que « ça ne sert à rien ».

La bonne échelle, pour un club amateur qui démarre : une thématique par trimestre, deux ou trois actions dans l’année, et une seule personne qui suit. Trois actions réellement menées valent mieux que douze annoncées.

Le plan minimum qui tient une saison

  1. Septembre — un référent, un point. Désignez une personne (souvent le responsable de l’école de foot, parfois un parent) qui porte le sujet. Sans nom en face, le PEF n’existe pas. Vingt minutes à l’ordre du jour de la réunion des éducateurs suffisent pour choisir les thématiques de l’année.
  2. Octobre-novembre — la santé. Dix minutes en fin de séance sur le sommeil et l’hydratation, une affiche au vestiaire, un message aux familles sur le goûter. Coût : zéro.
  3. Janvier — les règles du jeu et l’arbitrage. Une séance où ce sont les joueurs qui arbitrent les jeux réduits. C’est exactement la logique de l’arbitrage bénévole du samedi matin — et ça fait baisser les contestations pour le reste de la saison.
  4. Mars — l’environnement. Un ramassage des déchets autour du stade après un plateau, gourdes nominatives pour toutes les catégories, un mot sur le covoiturage.
  5. Mai-juin — le fair-play et la culture foot. Un challenge fair-play interne sur la fin de saison, remis lors de la fête du club, et une action mémoire : l’histoire du club racontée par un ancien.

Faire vivre le PEF sans ajouter de séance

Le vrai secret tient en une phrase : le PEF s’accroche à ce qui existe déjà. Le retour au calme d’après-match, la causerie, la réunion de parents de septembre, le plateau du samedi, le stage des vacances, la fête de fin de saison. Un club qui cherche des créneaux supplémentaires a mal posé le problème.

Exemples de greffes qui fonctionnent : la thématique santé dans les dix minutes du retour au calme ; la thématique engagement citoyen dans le rangement partagé du matériel ; le fair-play annoncé à la réunion de parents de début de saison, qui est le meilleur moment de l’année pour poser le cadre côté familles.

Ce que ça rapporte concrètement au club

Au-delà de l’intention, trois bénéfices très terre-à-terre. Un : le comportement au bord du terrain s’améliore quand les familles ont entendu le même discours que les enfants. Deux : les actions menées constituent une matière écrite utile — pour un dossier de subvention, pour la mairie, pour un partenaire, et pour les dossiers de label conduits par votre district. Trois : c’est un argument d’inscription, parce que beaucoup de parents choisissent un club sur ce qu’il fait en dehors du jeu.

Un conseil de bon sens : renseignez-vous auprès de votre district sur ce qu’il attend exactement, en particulier si vous visez un label. Les modalités d’accompagnement et de valorisation varient d’un district à l’autre, et une question posée en octobre évite un dossier reconstitué en avril.

Garder la trace, sans paperasse

Le seul vrai travail administratif du PEF, c’est de garder une trace de ce qui a été fait : date, catégorie, thématique, deux phrases, deux photos. Une page par action suffit, et ça se remplit le soir même en cinq minutes — jamais six mois plus tard.

Un club équipé s’épargne même ce travail : l’action est annoncée aux familles concernées, les photos partent dans l’album privé de l’événement, et le compte rendu reste attaché à la catégorie. C’est ce que permet le pôle communication de KlubOn — annonces ciblées par catégorie et albums photos privés — sans créer un classeur de plus dans le bureau du président.

Le PEF n’est pas une charge : c’est le nom donné à ce que les bons clubs faisaient déjà. La seule question qui vaut, en septembre, c’est : qui le porte, et sur combien d’actions ?

Passez de la lecture à la pratique.

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