Tops & flops

10 phrases de coach qui ne veulent rien dire (et quoi dire à la place)

Par l’équipe KlubOn · 24 septembre 2026 · 6 min de lecture

Photo : Unsplash

Samedi, 14 h 40, bord de touche. Un éducateur crie « Réveillez-vous ! » pour la troisième fois. Les joueurs hochent la tête, personne ne change quoi que ce soit, et c’est normal : la phrase ne contient aucune information. Nous en avons tous prononcé. Voici les dix plus fréquentes, ce qu’elles produisent vraiment sur le terrain, et la phrase à dire à la place.

La règle derrière chaque remplacement tient en une ligne : une bonne consigne de bord de terrain nomme un joueur, une action, un moment. Si l’une des trois manque, c’est du bruit.

1. « Réveillez-vous ! »

Flop : personne ne se sent concerné, et ceux qui courent déjà se sentent accusés. Top : repérez ce qui dort vraiment. Souvent, c’est la course de repli après la perte du ballon. « Lina, dès qu’on perd le ballon, tu reviens devant ton joueur. » Un nom, une action, un moment.

2. « Joue simple ! »

Flop : pour un U11, « simple » ne veut rien dire. Le dribble qu’il vient de rater lui paraissait simple. Top : donnez la solution que vous voyez. « Tom, ton latéral est libre, regarde à droite avant de recevoir. »

3. « Concentration ! »

Flop : un enfant ne sait pas à quoi ressemble « être concentré ». Il se fige et attend. Top : désignez l’objet de l’attention. « Sur les touches adverses, chacun prend un joueur avant que le ballon soit lancé. »

4. « Faut les vouloir, ces ballons ! »

Flop : l’envie n’est presque jamais le problème, c’est le placement. Un joueur qui arrive toujours en retard sur le second ballon n’est pas mou, il est mal orienté. Top : « Milieux, restez à dix mètres derrière nos attaquants, les ballons repoussés arrivent là. »

5. « Parlez-vous ! »

Flop : ils parlent, mais pour dire « oh ! » ou le prénom du porteur. Top : donnez-leur le vocabulaire, travaillé à l’entraînement. Trois mots suffisent : « seul » (tu as le temps), « homme » (un adversaire arrive), « tourne » (tu peux te retourner). Le samedi, vous n’avez plus qu’à rappeler un mot.

6. « Mais qu’est-ce que tu fais ?! »

Flop : la question n’attend pas de réponse, elle humilie. Le joueur jouera les dix minutes suivantes avec la peur de rater, donc il ratera. Top : gardez la correction pour un arrêt de jeu, à voix normale, et formulez-la vers la prochaine action : « La prochaine fois, contrôle vers l’extérieur, tu auras plus de place. »

7. « Tire ! » (ou « Passe ! »)

Flop : la décision appartient au joueur, et votre cri arrive toujours une demi-seconde trop tard. Vous créez des joueurs qui attendent la voix du bord pour agir. Top : se taire pendant l’action, puis valider ou corriger après. « Bonne idée de frapper, la prochaine, cadre d’abord. »

8. « On est nuls aujourd’hui »

Flop : dite à la mi-temps ou même soufflée à l’adjoint, elle s’entend et elle contamine. Aucun joueur ne rejoue mieux parce qu’on lui a annoncé qu’il était nul. Top : un seul ajustement, formulé positivement. Ce qui marche à la mi-temps est déjà détaillé dans notre article sur la causerie d’avant-match.

9. « Allez, allez, allez ! »

Flop : l’encouragement en continu devient un fond sonore. Les joueurs ne l’entendent plus, et le jour où vous avez une vraie consigne à passer, elle se perd dans le bruit. Top : encouragez précisément et rarement. « Bien, Adam, ce repli-là ! » vaut vingt « allez ».

10. « C’est l’arbitre qui nous fait perdre »

Flop : chez les jeunes, l’arbitre est souvent un bénévole, parfois un adolescent du club. Et vous venez de donner à vos joueurs l’excuse parfaite pour ne plus rien corriger. Top : « On ne contrôle pas l’arbitre, on contrôle nos replis. » Les parents entendent aussi ce que vous dites, et ils le répéteront au bord du terrain.

Pourquoi on les dit quand même

Ces phrases sortent quand le coach n’a pas préparé ce qu’il allait observer. Sans objectif précis, il ne reste que l’émotion du moment. Les éducateurs qui parlent peu et juste le samedi ont presque tous fait la même chose le jeudi : choisi un ou deux points à surveiller, en lien avec la séance de la semaine. Une fiche de match avec ces deux points, relue avant le coup d’envoi, suffit à changer le vocabulaire du bord de touche.

L’exercice à tenter samedi

  • Demandez à votre adjoint (ou à un parent de confiance) de noter chaque phrase que vous criez pendant une mi-temps.
  • Barrez celles qui ne contiennent ni prénom, ni action. En général, il en reste moins d’un tiers.
  • Choisissez trois phrases types pour la saison, liées à vos thèmes d’entraînement, et travaillez-les en semaine avec les joueurs.
  • Recommencez dans un mois : le bord de touche sera plus calme, et vos joueurs décideront davantage seuls.

Moins de voix au bord du terrain, c’est aussi moins d’énergie dépensée par le coach. Tout ce qui peut disparaître de sa tête avant le samedi, comme les relances de convocation ou le décompte des présents, lui laisse de l’attention pour le jeu. C’est la raison d’être de l’espace coach de KlubOn. Et pour les autres pièges du début de parcours, notre liste des 10 erreurs de coach débutant complète celle-ci.

Passez de la lecture à la pratique.

KlubOn met tout ça dans une seule app : essai gratuit 60 jours, votre numéro FFF suffit.